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Médecin urgentiste à La Casamance

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ? Qu'est-ce qui vous a attiré dans ce métier ?

Je n’en sais rien, pourquoi j’ai choisi ça ? Parce que ça donne un sens à ma vie je pense, probablement.

Quel est votre parcours de formation ?

Je suis médecin généraliste de formation. J’ai d’abord travaillé en cabinet de ville pendant une dizaine d’années, et puis pour des raisons personnelles (liées au travail de mon mari), j’ai déménagé puis je suis venue ici car je souhaitais changer d’activité. Ce qui m’intéressait c’était de travailler de nouveau dans un milieu hospitalier.

Concernant mon parcours de formation, j’ai fait un parcours en médecine générale. Je n’ai pas de DU de médecine d’urgence, ni de DU en rééducation. Par contre en ce moment je me forme en médecine de la douleur.

Correspond-il à l’idée que vous vous faisiez du métier ?

Quand on a 16 ou 18 ans on a difficilement une vision d’un métier. Je ne suis pas issue d’un milieu de parents médecins donc je ne savais pas très bien à quoi m’attendre et ne m’étais pas fait une idée de ce que c’était vraiment.

Quelles sont vos responsabilités et vos activités principales dans le service des urgences ? Dans l’établissement ?

Dans le service des urgences je fais des gardes de 12h et on est 2 médecins en même temps à prendre les patients tout venant, donc on n’a pas de spécialités prédéfinies, on ne se répartit pas par diagnostic les patients. On prend les patients au fur et à mesure qu’ils arrivent, peu importe que ce soit de la traumatologie, de la médecine, des douleurs cardio ou abdominale, un problème neurologique.

Parallèlement j’interviens la moitié du temps dans le service de Soins de suites et de Réadaptation. Je suis l’un des médecins généralistes du service. Je m’occupe de certains patients qui sont des patients dits de médecine polyvalente et puis en plus on donne notre avis de médecine générale sur tous les patients hospitalisés sous la responsabilité du médecin rééducateur. Je n’interviens pas du tout dans sa prise en charge de rééducation.

A quoi ressemble votre quotidien de médecin urgentiste?

C’est ça qui est drôle aux urgences, c’est que l’on n’a pas de quotidien en fait. C’est qu’un jour ne fait pas l’autre. C’est que parfois on croule sous le boulot, et puis il y a des heures qui sont calmes où l’on peut prendre un café. Ça n’a rien avoir, d’un jour à l’autre on ne peut pas savoir à l’avance si ça va être calme ou pas calme, ce que l’on va avoir. On ne prévoit rien, on ne peut pas prévoir.

C’est pour ça que c’est sympa, on ne sait pas à quoi s’attendre. Parfois on a de bonnes galères et certaines fois ça va bien.

Dans quelle situation rencontrez-vous des difficultés ? Qu’est-ce qui est le plus difficile au quotidien dans ce métier ?

Ce qui est difficile c’est le fait que l’activité soit très irrégulière et qu’en période de grosse activité on soit sollicité partout : par les familles, par les services qui ont besoin d’aide et souhaitent avoir des  renseignements alors qu’on est tout seul. Oui en période de bourre ça n’est pas facile du tout, on est un peu à fond. C’est difficile car on n’a pas le droit à l’erreur.

Les familles sont relativement exigeantes, pas toutes, forcément. Heureusement il y a des familles sympas, mais globalement elles sont exigeantes. Ils ne comprennent pas. On les fait patienter dans la salle d’attente parce que sinon c’est impossible de les gérer dans le service des urgences. On ne peut pas travailler s’il y a les familles, mais du coup elles ne sont pas contentes d’attendre dehors.

D’une part, il n’y a pas la place pour, car il y a deux patients par box donc il est hors de question de faire entrer des familles. En termes de confidentialité ça n’est pas non plus possible. D’autre part, parce que c’est ingérable ; les familles nous appelleraient sans cesse. On ne peut pas, on n’a pas le temps. On vient faire un point régulier avec les familles qui se trouvent dans la salle d’attente ; mais on ne peut pas faire plus que ça.

Les infirmières, si elles le peuvent, vont rassurer les familles ; sinon cela peut être nous sans problèmes. Par exemple, si l’infirmière me dit qu’elle ne le sent pas trop ou ne sait pas trop quoi dire, on y va, il n’y a aucun souci. C’est vrai que le premier barrage c’est quand même l’infirmière d’accueil. Elle fait le tampon comme elle peut.

Quels sont les aspects positifs de ce métier ?

Le travail en équipe, d’être ensemble, on n’est jamais seul.  On est surchargé mais on n’est jamais seul. Donc ça c’est génial. Si on a un vrai problème, un vrai cas de conscience où l’on ne sait pas vraiment, on a toujours quelqu’un à qui demander. Ça c’est très important. Pour les médecins qui sont de nuit, l’activité est un peu moins soutenue car il y a moins d’entrées, par contre ils sont seuls. Ça c’est dur, d’autant qu’ils sont hyper sollicités par les services d’hospitalisation. Ils ont tous les patients des urgences à gérer, en sachant qu’avec eux ils n’ont pas d’autres médecins et n’ont qu’une infirmière et une aide-soignante.

D'après vous, quelles sont les qualités essentielles d'un bon médecin urgentiste ?

D’être synthétique, d’être rapide  et puis quand même humain sinon ça ne marche pas. C’est le défaut des urgentistes parfois, c’est qu’ils ne le sont peut-être pas beaucoup. Ils veulent être trop dans la technique et moins dans l’empathie. On a quand même besoin de l’être un peu quand même, notamment avec les familles sinon ça n’est pas facile. Mais il faut avant tout être pragmatique. Il ne faut pas s’encombrer avec les détails qui ne nous intéresseraient pas au moment donné. Après si les patients nécessitent d’être approfondi, ça n’est pas aux urgences qu’on le fait. Ils sont hospitalisés pour une prise en charge globale. Nous aux urgences on voit ce pourquoi ils sont venus. On ne cherche pas autre chose forcément. Ils sont là parce qu’ils ont ça, on gère le problème aigu et si on se rend compte qu’il y a d’autres soucis qui nécessitent une prise en charge plus longue on les hospitalise. Si on commence à faire de la médecine plus générale dès les urgences on ne s’en sort plus.

Aux urgences il y a le circuit court et le circuit long. Le circuit court c’est ce qu’on appelle un peu plus la « bobologie », la petite traumato, la petite consultation de médecine générale qui aurait pu être fait dans un cabinet. Les gens ne restent pas longtemps à priori. Après il y a le circuit long qui nécessite une prise en charge plus globale.

Comment gérez-vous votre stress ?

Je pense que c’est dans notre habitude à nous : on est stressé ou on ne l’est pas. Pour travailler aux urgences et aimer ça, il ne faut pas être de nature trop stressée ou trop anxieuse, sinon on ne peut pas. Il faut avoir un tempérament plus cool. Il ne faut pas avoir peur d’être un peu bousculée. Ceux qui aiment bien que tout soit carré, il ne faut pas qu’ils travaillent aux urgences.

Quelles situations vous procurent de la satisfaction ?

Alors sur le plan médical pur : poser un beau diagnostic. Les gens viennent, pour lesquels on ne sait pas ce qu’ils ont et qui repartent avec un beau diagnostic. On va se dire qu’on a bien travaillé et on est content de nous.

Sinon, la plupart du temps c’est une reconnaissance soit du patient, soit de sa famille. Quand on a des remerciements et que l’on sent que c’est sincère on se dit que ça valait le coup.

Conseillerez-vous à vos enfants de faire ce métier ?

Oui j’aime mon métier, mais ça n’est pas facile tous les jours.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

Je ne sais pas. Ça ne fait longtemps que je suis là donc à priori je n’ai pas envie de bouger maintenant. Mais je ne sais pas combien de temps je tiendrai à ce rythme.

Par rapport aux séries télévisées, quelles sont les différences et les points communs avec la réalité ?

Je n’ai jamais regardé aucune série télévisée. Je ne sais pas.

Après avoir questionné le Dr RAHOU sur cette dernière question, il a répondu que les séries télévisées étaient aux antipodes de la réalité.



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